PAPRIKA

J'ai encore raté cette fille
qui ne parle à personne
qui ne regarde pas
vers ses jambes
(trop grand le ciel)

toujours à la même place
un banc près de l'entrée
à côté d'une chaise
en face du pendule

j'entends venir des voix de celle,
Prapika

le pendule
qui s'en distingue à chaque minute
et m'annonce un sale temps
l'indécence d'une couleur

Elle regarde à gauche à droite
puis se lève
contourne la fontaine
glisse des sourires aux enfants

pour moi rien que dalle
même pas d'au revoir
puisque pas de bonjour
tout ce mois dans ce genre
avec quelques variantes

j'entends des voix de celle,
Paprika

Je dois être trop loin
pour encore rater cette fille
si belle dans ses habits de velours
un jour sans facture
la tête basse sous la
semelle
sale temps
demain demain


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