DES DRAGEES SUR LE SOL (confession)



J
e me souviens de ces quatre jours
qui donneraient un long dimanche
le manteau de pluie pour l'hiver
cela commence mal pour moi
on abordait les vacances
sûrement pour quelqu'un quelque part
ici un réveil lourd
la matin habituel sans relâche
qui ne fuit jamais mon visage
le miroir trop précis
la rue des gens barbouilleurs
l'esprit axé sur le problème
le bordel du placard
jamais le mien
la sauce en retard le wagon extrême
dès le seuil de ma porte
Il n'y avait jamais personne au bout du fil
même pas floriane
le bouillon d'une mauvaise pente
la charge négative
s'allonger
sur un air de jazz légerléger
du Coltrane première période
Il n'y avait que moi
et quelques pilules quelques aspirines
de toutes les couleurs
la tasse du vomi en repos
aidée d'une mince cuillère les cercles
et cette foutue pendule
l'atteinte du temps incapable
tic tac tic tac interminable
le canon dès le matin
au lever des paupières
pour se calmer le soir dans un sac
à la chute de la vénitienne
Peut être que cette nuit
j'oserais m'attendre et dire
es-tu quelqu'un ?


C 89 NOV90 tous droits réservés les P2j

RENAISSANCE

Et je m'étire de bout oxygéné
longuement
le regard tourné vers la foule
muet aux sons des ruines
de corps stridents

monter
l'accoutumance des collines

étaler mon pouls
se gonfler le torse
barricader mon sang
lui enlever l'odeur suspect
au creux du front : j'aime
réduire en cendres ridicules
ses contraires
n'ai pas tout fait pour réussir
préserver la flamme fixée
au lit de ma chair hésitante (encore)
l'obstacle à pointes
avec ma trace pour cible

monter
l'accoutumance des collines

je peux retomber toujours
dans mon propre silence,
alors drapeau .


C 67 AVRIL 85 tous droits réservés les P2j

MOI

Pour cette semaine
je donne moi dans
les ondulations électriques
le passage affirmé
d'un strictement rien
au pratiquement rien
le pas grand grand chose
à travers le rideau
des pages pleureuses
toujours la même sonorité
d'une autre place d'un petit coin réduit
et
et
J'accélère la cadence
j'accélère la cadence
vers le pas grand chose

j'accélère j'accélère
j'accélère j'accélère .



C69 JUILLET 87 tous droits réservés les P2j

BANDES DEPRESSIVES

(revue de l'intérieur)

investissement sur la mort
-surenchère du pauvre type-
les paupières de trop
la compote d'abruti

un souvenir de longue haleine
le collage lourd
la demande prolongée
retour parmi les hommes retour

peu fait pour me retourner
pièges d'homme
je suis

la raclure d'âges immédiats
en rapport avec l'immondice
des places à prendre
trop de foule pour mourir

des preuves pour attendre
des preuves pour se suffire
le silence du vide des vides
leur mémoire

peu fait pour me retourner
pièges d'homme
je suis

les frisures de crâne
l'enculade frontale
des places à prendre,
les regards de salauds

l'hiver prochain
passable sécession
revenir vers moi-même
solide

peu fait pour me retourner
pièges d'homme
je suis

la faiblesse à toute épreuve
du cerveau malade


C 117 AVRIL91 tous droits réservés les P2j

VIVRE A L' ESSAI

Souffrances
peurs rages
frustrations
pas fébriles
destructions
Famines
traites en pagaille
dénuement
ennemies complexes
Saturations
pluies acides odeurs
ratages erreurs
en rafales
aux couteaux
opacités transparences
Ruines ruines
inconnues (x,y,z...)
fatigues
insuffisances
manques
forces contraires
névroses faciès
aux couleurs étranges
étrangères
ratages
désordres mal peignés


C443 MARS99 tous droits réservés les P2j



MAL SENS

Je tourne en rond
comme un ébété
la face à terre
l'ennui de son front montre

apercevant les horreurs toutes
témoin de mon non-sens
j'en abaisse mon rideau
le corps affaibli

Et je tourne tourne
sur les nuages sombres
tourne tourne
dans un disque rayé

je veux je veux
m'arrêter de courir
sur le sable mou
à grains féroces,
les réflexes défaits

se démènent en silence les jambes
en affection d'un nouvel air
en oubliant ces lignes
éprises du coeur
oublier ces instants
aux fleurs coupées

Et je tourne tourne
sur les nuages sombres
tourne tourne
dans un disque rayé

Dans mon rêve dur
que je sors le soir
je me vois au loin
sur une île
dans la zone des silences
au dehors
du malin oxygène
en épingle d'un départ
dès ce jour
muet à nouveau

Et je tourne tourne
sur les nuages sombres
tourne tourne
dans un disque rayé

j'aimerai....
j'aimerai....
changer de matin
me laisser aux limites
et plonger dans la nuit
enfin riche
au lendemain de ce jour
partir partir
(mais)
le disque tourne tourne
dans le vieux style
inlassablement
obessionnel
partir ?

le malsain oxygène
de ma propre vidange
reste le plus fort
et me suit partout.


C4 JANV82 tous droit réservés les P2j

SUANTES PAROLES

Il est bien sale
l'être malade à la fin proche
ses yeux fixes et mécaniques
narguent les fous encore debouts

ce buste plein de dégout
est terreur depuis longtemps
mais pire que ses yeux roux
c'est en face de ses dents

même mon miroir se trompe
il sort de ma bouche
des mots comme vous

de ma fenêtre illuminée
par un millier de bougies
assorti d'un rictus
je me touche le visage
de mes mains cernées de griffes

les rats prennent peur
ne parlons même pas du corbeau
celui qui arrache ses fleurs

même mon miroir se trompe
il sort de ma bouche
des mots comme vous

sur le lit impavide
à cent pas du miroir je meurs
prenez quand même les meubles
au prix de multiples rides

adieu et à tout à l'heure
je vous attendrai sans pâleur
mon visage devenu propre,
là haut

même mon miroir se trompe
il sort de ma bouche
des mots comme vous


C 10 MARS 83 tous droits réservés les P2j