LA JUSTESSE DE SON SOURIRE

Nous avions décidé de nous revoir
comme d'habitude à l'oiseau bleu
elle est arrivée à midi
avons marché en silence
(dire les choses les dire )

alors ça va fit-elle de sa voix haut perchée
oui toujours et surtout maintenant
ooooh...fit-elle de son rire
qui ne peut mentir ...pas à moi

Je ne demandais pas plus
en si bonne place
au-dessus du poison des mots
et de ces tarés qui pullulent
nous nous sommes installés
près de la fenêtre aux rideaux bleus
en quête d'un soleil

Arriverais je à lui mentir
à ne pas lui jeter au visage
ma haine et l'orage de mon coeur
sur l'hypocrite nappe

Je lui ai parlé parlé
de tout ce qui me donne à croire
que les choses ne sont pas
si simples
la tête posée sur sa main
elle me proposait son écoute
qui me donnait envie de voir clair
à la bonne température

j'ai deux bonnes heures à passer
avec toi me dit elle
deux heures qui me permettront
de ramasser ses lèvres rouges
ses petits gestes délicats
l'insistance de ses mains
la fraîcheur lisse de son visage
(toucher par exemple toucher )

Arriverai-je à lui mentir
à ne pas lui jeter au visage
ma haine et l'orage de mon coeur
sur l'hypocrite nappe

Ah...il éxiste encore
de ces moments simples et immediats
que dis tu me demanda t-elle ?
non ! je disais que tu es belle
très belle
elle a pris sa serviette
de couleur verte
l'a portée à sa bouche
lentement

a essuyé ses lèvres,
difficile de contenir
une telle émotion bruyante
où tout tremble
un instant qui m'expulse
l'ailleurs au centuple
juste dans ce geste,
mes yeux tout humides

Arriverai-je à lui mentir
à ne pas lui jeter au visage
ma haine et l'orage de mon coeur
sur l'hypocrite nappe

Elle a imprégnée de son odeur
celle qui galope à mon nez
y reste une trace de rouge
précise,
impossible de tenir en place,
d'un coup rapide de léopard
je lui ai pris sa serviette
tout d'elle dans ce mince
carré vert sur les nuages
(l'instant)

Arriverai-je à lui mentir
à ne pas lui jeter au visage
ma haine et l'orage de mon coeur
sur l'hypocrite nappe

J'imagine quoi sur mon corps
émotions vides émotions vides
au sourire trop juste
méfiance

Sur le tracé du retour
d'un on se quitte
elle a abandonnée son odeur
une dernière fois
celle qui imprègne le carré vert
au fond de ma poche
elle m'a embrassé d'un coup
sans prévenir
l'ivresse des instants banals
sous la peau
ces instants magnifiques
avec si peu à rajouter
(absence réelle )


Arriverais-je à lui mentir
à ne pas lui jeter au visage
ma haine et l'orage de mon coeur
sur l'hypocrite nappe

Nage au fond d'un jus
raccroché à la serviette
de couleur verte
dans ma poche
imprégnée de mon odeur
qui me porte
(quelle sorte d'être humain )

cadeau piégé pour moi-même
illusoire jusqu'au bord
rencontre dans un miroir
à ne surtout pas casser.


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