LIEU D'ACCUEIL

(Du genre du genre )
le ciel qui flanche
une hauteur de mur
un reste de peinture
le comparse l'écaille
quelques dents
le rire dans le sac
boucherie de portes boucherie
les clés le trousseau les clés
la blouse
le poison des voix
le coeur la cible
Hors d'usage dans le siège
une cigarette
dans cette salle pas trop sale
le cri l'écho d'un rire
en bas du plafond
les fantômes
les casseroles des clous
dessus dessous la fenêtre
la claque
Du genre du genre
ds trous le surplus
° des têtes qui se nouent
à perdre haleine
le goût du cachet persistant
accélération au sous -sol
la valse des des chaises*
du bon numéro (du genre du genre )
ploum ploum tralala .


C73 JUIN90 tous droits réservés les P2j

TOILES

les signaux lancés, la
réponse se fait attendre
mes mots ?
une pierre lancée sur le sol
nu
n serait-ce qu'un jour
appréhender ces tourments
l'agonie blanche
élancée sur le visage
nu face
aux parois de la sérénade

si belle
sous le coup de la colère

nuit et jour
le rappel de sensations
cerclées de gestes
loin lointains
rapide la glisse dans les plis
oui ! encore plu rapide
les caresses attentives
les mains éloignées au-dessus
et quelques roses

l'eau trouble
aux lunes pimentées
la gorge folle

Minuit du temps
décalage appuyé sur
un fil
vertical en des lieux .


C20 AOUT 83 tous droits réservés les P2j

JE CONTINUE

Ce matin habituel sans relâche
abuse au lever de rideau
et se retire le voile chimérique
sombre transparence au fil de la barbe
un dimanche pour crabes
à la fenêtre
ma tête vers le bas
le bocal saignant en alerte
les pieds encore au sol
les bras vers le ciel
le/les trottoirs
la sueur au litre l'éponge
la trêve des autos
le calme des églises
en rupture de ma poitrine
l'amour des gospels
tension d'un seul jour
qui ne donnera plus minuit

encore une fois
je recommence
pour ne plus rien voir

ne plus rien voir (x4)

Sombre transparence au fil de la barbe
un dimanche pour crabes
tension d'un seul jour
qui ne donnera plus minuit
et la suite

encore une fois
je recommence
pour ne plus rien voir .


C90 NOV 90 tous droits réservés les P2j

CE QUI T'ATTEND MON FILS

Le soleil en rage il tape
à la fenêtre carrée
dans la gueule le reste d'organe
plus un endroit où se mettre
là mon père dans sa chambre
a-t-il changé un jour
de chemise de veste
de slip adulte
la ligne du soir l'eau du bain
le lit respectueux
sa couverture

Ce qui t'attend mon fils
ce qui t'attend
j'aurai pu t'en parler un jour
il y a si longtemps

La radio grésille au sommeil
à son visage inoffensif
a-t-il porté un jour
le silence qui l'enterre
l'écharpe de glaise
des clous dans le sol
pour l'approche,
un vieuxchiffon suffirait,
lentement mon père

Ce qui t'attend mon fils
ce qui t'attend
j'aurai pû t'en parler un jour
il y a si longtemps

prisonnier du miracle le fils
attend la messe
sa fin
l'horreur du feu
une marque de visage
(une expression simple),
lentement mon père.


C74 JUILLET 90 tous droits réservés les P2j

SOBRE CODAGE

L'esprit à son propre piège
à genoux épuisé
devant son miroir
ce minable locataire
qui mobilise vers le bas
jusqu'à le tuer
et dénouer son rythme
ce joyeux immobile qui tue
haut perché en traitre
sous le poids des heures
sur mes putaines d'épaules
en petites coupures se jette
la chair abrutie

sobre codage
vers le n'importe quoi
qui s'emmêle
sobre codage
d'un temps dur

le front de l'intérieur
l'inquiétude aux fenêtres
le piège se referme il le doit
sur le divan fragile
le tournis dans l'assiette
Esprit répond
en fermeture de tête
et s'adoucit
le temps rapide

sobre codage
vers le n'importe quoi
qui s'emmêle
sobre codage
d'un temps dur

depuis la belle image
d'un berceau reposant
son quadrillage implacable
qui se ressert se répend
l'Esprit ne rit pas.

de notre lit commun
les draps encore flous
on lui donne le sexe de la mère
à la taille qu'il voudra,
je lui propose la lune de miel
comme autrefois .

sobre codage
vers le n'importe quoi
qui s'emmêle
sobre codage
d'un temps dur .

C114 JANV.91 tous droits réservés les P2j

REBONDIS DE BERCEAU

Ma tête pèse 100noeuds
40tambours frénétiques
50 containers à nougat
plongés dans 27 sacs
au creux de l'oreiller jaune
sur un lit marécage
entre 4murs vieillissants
lestés d'un papier à rayures
et d'une porte de velours
dans une boîte sans fenêtre
basculé par la vapeur
des couches fallacieuses
la mémoire de bébé
en rallonge d'un nom

le babil qui pèse
sur le canapé rouge
aux dossiers noirs
de plus en plus long

plus le jeu d'un rêve à tiroirs
moins la caresse de la sirène,
le mou du bulbe à l'addition

le babil qui pèse
sur le canapé rouge
aux dossiers noirs
de plus en plus long

ma tête pèse ma tête pèse
en rallonge d'un nom
pour un enjeu faible
-----------------très faible.


C 116 FEV91 tous droits réservés les P2j

MALADE

un ange blanc
s'est glissé dans mon crâne

Si tu es nègre ce soir
antilles par exemple
ne tombes pas malade,
un flic pouilleux te le fera savoir
remords !
la bonne névrose qui te plaque
au sein d'une grosse famille
ne le sois pas vraiment pas
le plat d'indifférence
le ventre gonflé les yeux fuyants
tu es fou à présent ?
bouge de là inutile
il n'y a pas de problème (jamais)
face à tes frères de jeu
l'Afrique détestable
orgueil frime arrogance longue farce
le toc pas si loin
voilà pour toi,
si tu es nègre dès ce soir

(acceptez-vous cette union ?
oui ....j'accepte .)


C 113 JANV91 tous droits réservés les P2j

AIME

J'ai envoyé une lettre
dans une enveloppe attentive
de son nom que j'aime
celui qui pourrait
armer ma bouche encore sèche
stimuler mes yeux en amande et mascara
façonner mes tétons de sucre
joindre mes cheveux courts
aux choix
des ses mains nombreuses
en démesure de mes cuisses bavardes,
une lettre fiévreuse de notes
en violence des copines
leur cul pubère posé
sur le banc d'école
la passion en avance de leur acnée,
d'une table d'un café pagayeur
éclairé d'une bougie blanche
Il n'a jamais répondu ,
même pour l'injure
un gros mot un mollard
une claque
un doigt dans l'oeil
ou la langue au chat
un soupçon de merde
le poison d'un feu
le col d'un parfum,
le bel oiseau le bel animal
qui n'aime pas les fleurs
toujours posé sur le trône
hautain jusqu'au gouffre
La route est longue étendue,
protège tes aisselles
j'aime encore !
à la vitesse du coffre de mes rondeurs
en amour du noir
d'un doux lever de jambes
je parsème la place
d'un seul nom salaud.


C115 FEV91 tous droits réservés les P2j

LE FANTOCHE

On n'interroge pas le ciel
on ne côtoie pas le feu,
l'être cave à la chaux
du mou
pas de chance il dit bonsoir,
un simple désastre

de l'autre côté d'un monde
le fantoche parle
il essaie d'atteindre
un mot qui le fixera
au sol

les quelques mètres de trop
au gouffre dès le début,
il y a naissance
pourtant

de l'autre côté d'un monde
le fantoche parle
il essaie d'atteindre
un mot qui le fixera
au sol

on n'interroge pas le ciel
on ne côtoie pas le feu .


C112 JANV91 tous droits réservés les P2j

JE TUE MON PERE

Je tue mon père
je ne le crois plus
jamais là
l'abscence d'une porte ouverte
les lèvres terribles les yeux bruts
le ventre ridicule
ce n'est qu'un grand sexe
dans le cul grossier de ma mère
MOI je tue mon père
et allume un autre
pour ne pas le remplacer
sa peau à mes pieds la brûlure efficace
dessus dedans à travers
un bien maigre sourire au visage
la série B
Je veux celui qui permet des couilles,
en attendant
je tue mon père
et en allume un autre .


C 111 JANV91 tous droits réservés les P2j

SUICIDE DREAM

Hey
I walk with a gun
in my shit hand
my mouth hits the cold wave
over the street again
i'm so tired (x2)
big tension

Suicide dream (x4)

hey (second time)
I walk with a gun
in my shit hand
my mouth hits the cold wave
over the street again
I'm so tired (x2)
big tension

Suicide dream

Big tension


C 110 DEC90 tous droits réservés les P2j

GLISSIERE

Debout débrayé par terre
sèche granuleuse
la peau tendue tendue
à vive pression
sinon un ou deux verres
sur la table en vitrine,
le bonheur du comptoir

pour que rien ne change
tout glisse

goudron goudron
aux pores amers
l'effroyable oxygène
la tête en tube
à vides placards
sinon plus grand chose

pour que rien ne change
tout glisse


Debout par terre (x2)
parterre de boue


C55 AVRIL 84 tous droits réservés les P2j

RESONNANCE

Là posé
sous une poche
à l'épais silencieux
en face de la vitre
à mille mille éclats
percé de continents miniatures
au puits des mondes courbé

résonance résonance

j'écoute la griffe d'un langage
ancestral
planté au bout de ma sciure
je course ventre à terre
au plus tard de la pendule
qui racole la pisse
des plus pûtes de la ville
et si le gouffre était
plus dur qu'imaginé
alors je patiente chez-lui
chez-elle

résonance résonance

las fatigué à longer
les murs électriques
je veux ce discret détour
éclaté sur les planches
(trop large est la chute)
je course ventre à terre
du moins j'essaie
(plus dur qu'imaginé)
je vous patiente
chez lui chez elle

résonance résonance


C 57 JUIN 84 tous droits réservés les P2j

SOUS VETEMENT

Qui aurait pu attendre
ma main sur son corps
mes membres affluents
tout son long
mes sombres contingences
ma bouche sur ses lobes

au secret de sa langue

dans le bol la quête
sous la dernière cave
et la déchéance d'une bougie
le goût du rail en avance
sous la pustule des rats

au secret de sa langue

Qu'en a pu dire andréa ?
je lui offre ma soif
et ma gourmandise.


C 58 AOUT 84 tous droits réservés les P2j

LAME DE FOND

Les ruines en sueur compacte
le brasier de l'intérieur
le lien
les larmes
les mains
le long des membres soufflés
dont rien ne s'y attarde

Qui rigole au son du silence
la pression immobile ?

le chacal dans la robe grise
parfois j'entends
démentèlement (oui)
l'aimable rature
au son du silence énorme
sourires éjectables
l'épine dorsale
les joyeux poux sur la table véloce
les évidences au cou encombré
à coups de pieux dynamites
leur jeter les derniers crachats visibles

Qui rigole au son du silence
la pression immobile ?

des Images de la mer
parfois j'entends les
bruissements aveugles
au son du silence Enorme
de ma tour ça fait loin
de ma tout ça fait loin

Qui rigole au son du silence
la pression immobile


C59 AOUT 84 tous droits réservés les P2j

POSTCARD

PARIS (serais tu fou d'y rester )
BERLIN
Athène le 26 Istanbul le 28
les derniers sacs posés
comment vas-tu cher ami
soit le bien venu
Voilà une des images
de ces images de rêve
de ce pays étrange
étranger
Le sait-elle le sait-elle
la récompense du soleil
n'est pas pour moi

Le décompte des jours
des jours sans compter
à une table
par la nage
la nature de tous côtés

Le sait -elle le sait-elle
la récompense du soleil
n'est pas pour moi

Poscart dans ta main
encore bien réelle (içi là là et là)
bientôt le retour
le détour sur Paris (serais-tu fou d'y rester)
au loin d'une mémoire de vacance dorée
ce doux soleil que l'on dit
être partout le même

amour et sois heureux
je t'embrasse


C 83 OCT90 tous droits réservés les P2j

L'EXCITATION DE GORGE

A UNE HEURE d'un matin anonyme
d'un mois imposant
près du boulevard qui plait
j'ai dit au gars du bar
donne moi un coke
celui avec de la glace
dans un grand verre
sur un zinc d'origine
avec des roses au bout du nez

Paname la nuit
au goût des néons limpides
du pendule et des putes chantantes
en glisse des trottoirs vides
le petit air américain
la folle danse

satisfaction du visage
le verre porté à mes lèvres
sur un banc
après la tempête

Il me l'a posé sur la table
à côté du paquet de clopes
en charge de mes lèvres
goutte à goutte ce liquide
j'ai pu voir sa couleur ses bulles,
le beau jeu de gaz
intense sur ma langue

il fait si froid dehors
je me replonge dans les petits cercles
les étoiles d'hollywood
à cheval beau gosse,
les larmes croisées.

Ce soir c'est ma fête
sur une chaise d'osier
à paname en hiver
que me veux tu vieux militaire
avec ton congnac si épais
écoute donc cette histoire,
le jazz dans mon verre
à new york et ailleurs
sur un coin de table

ouvre la fenêtre mon chou
donne quelque chose à mes narines
l'énrome rasade excite ma gorge
le sec du désert
le mutisme d'un long mlois
regarde ce vertige,
le rouleau sur ma chaise
enfin

satisfaction du visage
le verre porté à mes lèvres
sur un banc
après la tempête

Allez jeune homme
ressors la caisse à pharmacie
ce soir je suis prioritaire
l'orgie d'amérique
je veux le litre brun
pour cet argile parisien
qui se terre
donne m'en encore que je puisse rire
ce putain de liquide
entre mes jambes
et son petit bout de chair nuisible

auto satisfaction
au creux du visage
sur un mois qui dit son nom
en pleine tempête

hé oui ! elle m'a laissé tomber,
une belle américaine de l'ohio
jamais su
tout s'est passé si vite,
pas eu le temps de comprendre
montre en main
alors je veux multiplier le jeu
hâter les bulles le créneau de coke
l 'alerte au vertige
à mes oreilles atlantiques

arrive l'été dans ma cave
la parade aux couleurs
la petit virée
oh ! ajuste le brun de ce verre
qui excite ma gorge
et chaque fibre en manque
d'atmosphère,
le cafard vorace

Attendri
j'écoute le bonheur des bulles
en amour de mes doigts
dans un sac en daim l'attente
et mes pieds humides
si tristes dans leurs boites
affection du jeet de paroles
tapissé au fond du fond timide

satisfaction du visage
le verre porté à mes lèvres
sur un banc
après la tempête

Ca fait longtemps que je vous appelle
trop tard pour cette femme
cette fois encore
elle se presse à la porte
au bras fort d'un bel homme
ce n'est pas moi ni mon frère (je le saurais)
mon miroir aussi
celui accroché au seul clou du mur

Ouais je me casse sur la pan am
la gorge dans son jean (encore)
en dessous de mon vieil imper
écharpe beige la joyeuse envergure
l'éclat de rue le cri du poitrzil
mais je ressers le jus
et me l'entame à l'excès
heureux d'être là avec les bulles,
j'attends le reste

satisfaction du visage
le verre porté à mes lèvres
sur un banc
après la tempête

Sinon
j'attends le petit jour
tranquillement
une petite marche
à la venue du métro (le first)
et place mes petites pièces
plus un pourboire digne d'un palace,
la bise en partant pour rire

On m'attend bien au chaud
dans ce lit confortable
à grands coups de fatigue
la fin des pétards sous le doute
à moins qu'ils ne me sautent à la gueuele
avant.


C106 DEC 90 tous ddroits réservés les P2j

ROUGE RAGE

J'ai vu celui qui tire dans le ciel
à travers les rideaux
en bas à droite de sa fenêtre
du batiment présov de la deuxième cité
avec son arme et les cartouches gourmandes
toujours à la même heure
le coeur troublé dans un maillot
l'impuissance face au ciel
en alerte bleue
l'insulte des géants
Parfois il rate son coup
le rouge des balles se perd
dans la nature la verdure évasive
serrée
et les ordures en montagne
l'élévation fétide
on en retrouve dans les branchages
des arbres rachitiques,
une seule saison à l'index

encore une fois
c'est le même qui craque
demain
un autre viendra le remplacer

Il tire avec rage le piment dans la culasse
le visage sanglé de larmes
les dernières du gamin
le hurlement des gouffres
arrosé de rhum blanc
et d'une carcasse vanille citron
il vise contre
celui qui s'occupe si mal
de son monde au bas des nuages
et qui loge à la genèse des yeux
qui ont vu des choses,
elles font tant de mal
à sa mère par exemple.

encore une fois
c'est le même qui craque
demain
un autre viendra le remplacer.


C 108 DEC.90 tous droits réservés les P2j

PEAU

Faut-il traquer aussi loin
du genre secousse de l'intérieur
éviter ces bruits ces fers
les retours de selles
sous les vaines cuirasses
le gaspillage des oreilles
sur une musique sirupeuse
la surface des furoncles (en bas)
l'intense du satellite (vers le ciel)

pas si fou
d'espérer encore
une peau
dans mes petites mains
une peau qui me parle
(et laisse venir)

à la recherche d'une peau
d'une voix tangible
l'harmonie du coeur
même heurté,
je ne suis pas de cet humain qui s'endort

pas si fou
d'espérer encore
une peau
dans mes petites mains
une peau qui me parle
(et laisse venir)

je ne suis pas de cet humain qui s'endort .


C107 DEC90 tous droits réservés les P2j

LES BELLES HISTOIRES

Au grand jour
près du boulevard infernal
habillé de neige aigrie
dans le fast food du parc
traine l'homme
aux couilles à l'air
les jeunes filles le regardent,
elles piaffent de rire

Nos belles histoires
nos souvenirs
à la limite d'un corps fragile

un homme aux grosses couilles
en comique de pantalon
surpris d'une braguette fuyante
ça doit sûrement
raconter des histoires,
de belle

Nos belles histoires
nos souvenirs
à la limite d'un corps fragile

l'impitoyable regard
qui croise décroise
et ne s'arrête pas,
sur l'histoire de l'autre

en voyage dans le temps
l'histoire du voisin bizarre
avec si peu de place
pour souffler
et en voir la couleur
que dit la balance ?
sous la neige

Nos belles histoires
nos souvenirs
à la limite d'un corps fragile

raconte des histoires,
de belles.

C 105 DEC90 tous droits réservés les P2j

LA JUSTESSE DE SON SOURIRE

Nous avions décidé de nous revoir
comme d'habitude à l'oiseau bleu
elle est arrivée à midi
avons marché en silence
(dire les choses les dire )

alors ça va fit-elle de sa voix haut perchée
oui toujours et surtout maintenant
ooooh...fit-elle de son rire
qui ne peut mentir ...pas à moi

Je ne demandais pas plus
en si bonne place
au-dessus du poison des mots
et de ces tarés qui pullulent
nous nous sommes installés
près de la fenêtre aux rideaux bleus
en quête d'un soleil

Arriverais je à lui mentir
à ne pas lui jeter au visage
ma haine et l'orage de mon coeur
sur l'hypocrite nappe

Je lui ai parlé parlé
de tout ce qui me donne à croire
que les choses ne sont pas
si simples
la tête posée sur sa main
elle me proposait son écoute
qui me donnait envie de voir clair
à la bonne température

j'ai deux bonnes heures à passer
avec toi me dit elle
deux heures qui me permettront
de ramasser ses lèvres rouges
ses petits gestes délicats
l'insistance de ses mains
la fraîcheur lisse de son visage
(toucher par exemple toucher )

Arriverai-je à lui mentir
à ne pas lui jeter au visage
ma haine et l'orage de mon coeur
sur l'hypocrite nappe

Ah...il éxiste encore
de ces moments simples et immediats
que dis tu me demanda t-elle ?
non ! je disais que tu es belle
très belle
elle a pris sa serviette
de couleur verte
l'a portée à sa bouche
lentement

a essuyé ses lèvres,
difficile de contenir
une telle émotion bruyante
où tout tremble
un instant qui m'expulse
l'ailleurs au centuple
juste dans ce geste,
mes yeux tout humides

Arriverai-je à lui mentir
à ne pas lui jeter au visage
ma haine et l'orage de mon coeur
sur l'hypocrite nappe

Elle a imprégnée de son odeur
celle qui galope à mon nez
y reste une trace de rouge
précise,
impossible de tenir en place,
d'un coup rapide de léopard
je lui ai pris sa serviette
tout d'elle dans ce mince
carré vert sur les nuages
(l'instant)

Arriverai-je à lui mentir
à ne pas lui jeter au visage
ma haine et l'orage de mon coeur
sur l'hypocrite nappe

J'imagine quoi sur mon corps
émotions vides émotions vides
au sourire trop juste
méfiance

Sur le tracé du retour
d'un on se quitte
elle a abandonnée son odeur
une dernière fois
celle qui imprègne le carré vert
au fond de ma poche
elle m'a embrassé d'un coup
sans prévenir
l'ivresse des instants banals
sous la peau
ces instants magnifiques
avec si peu à rajouter
(absence réelle )


Arriverais-je à lui mentir
à ne pas lui jeter au visage
ma haine et l'orage de mon coeur
sur l'hypocrite nappe

Nage au fond d'un jus
raccroché à la serviette
de couleur verte
dans ma poche
imprégnée de mon odeur
qui me porte
(quelle sorte d'être humain )

cadeau piégé pour moi-même
illusoire jusqu'au bord
rencontre dans un miroir
à ne surtout pas casser.


C103 DEC90 tous droits réservés les P2j

LE VIEUX GARCON

Le vieux garçon a oublié de son âge

la casquette vissée à la tête
un blouson ciré de jaune
les mains craintives nouées de poil
-une femme a aimé -
ils sortait un chine gris
de sa maison minime

dans son écharpe nasillarde
il y cache un bout de barbe
ses mains dans les poches si larges
d'un manteau loufoque,
la bonne trouvaille de foire

Le vieux garçon a oublié de son âge

et il retrace l'histoire
par petits bouts

Landy auber
dan l'enfer stagnant
fines gouttes du canal
sur nos vitres émiéttées
endurance
rature peu rapide mais fatale
au bras d'une fille
rencontrée en villee
au chaud sur un trottoir
la si belle écharpe
et ce rire de grosse caisse,
c'est ce qui l'a charmé

confort glissant
d'un monde en carton pâte
la bouillie charitable
sous des plis gracieux

Le vieux garçon a oublié de son âge

l'espoir aux yeux
la chaude larme qu'il disait
un petit bonjour
café beurres tartines
le vague a jailli
trop vite trop rapide

maintenant il évite les surprises
sortir le chien
c'est plus facile.


C49 DEC 83 tous droits réservés les P2j

CONTRE -JOUR

L'esquisse d'un sourire
qui n'atteint jamais le bas-ventre
des sourires au coin de la bouche
le rictus parfait
qui ne mouille pas
pliage de luxe à fine reliure
en cover d'un malaise
jamais le bon moment
la cuve initiale en défaut
le désespoir profitable
en vain
mais j'avance les dominos exacts
et rigole du fond de mon propre
gouffre
sur mon visage
le jeun à hauteur du sol.

J'irai prendre l'air.


C66 JANV85 tous droits réservés les P2j

SEDUCTION

DORENAVANT
les putes au cul vieux
délaissent leur mémoire teigneuse
les chiens ciblés de laisses
auront le ciel pour viande
les oranges aux plis juteux
verront l'assiette nécessaire
les têtes dans le bidet
la coiffe refaite
partiront pour un énième pigalle,
l'ongle pointu dans la peau
rejoindra le rivage
de son géniteur le moindre con
les larmes salées iront à l'égout
et s'amuser à Venise
les zonards déplumés
auront une lotion exquise
les fichus en collisions
seront debout sur les tables

dorénavant
l'impact lumineux
tapisse l'asphalte criard
pour le cheval doré

DEBOUT les anges .


C 50 FEV84 tous droits réservés les P2j

AFFECTION

Je cours j'entre
ouvre la porte au plus vite
tricote les escaliers
en surnombre ce soir
Ben elle est malade
en cette tombée de nuit
elle ne va pas bien,
le mal au ventre
qui ne désarme pas

attends moi pour mourir
n'emporte pas
le plus important

elle est allongée sur le sofa,
avec de la lumière
ses yeux de langoustine
ses petits pieds
affection de soie pour la recouvrir
quand même
ouf elle a du rouge à ses lèvres

attends moi pour mourir
n'emporte pas
le plus important


ouf elle a du rouge à ses lèvres
pour moi seul
avant qu'elle ne parte
avant qu'un autre vienne.


C 85 NOV90 tous droits réservés les P2j

BONJOUR PAPA

J'ai vu à nouveau mon père
il ne m'a toujours pas parlé
assis dans sa chaise
le ventre gros
le regard perdu dans un
vieux cadre
et le reste dans le journal,
vu

Bonjour papa
à celui qui ne veut
plus rien dire
bonjour papa
restons poli

il dit toujours la même chose :
va te faire foutre
et réponds de rien,
ben voyons

Bonjour papa
à celui qui ne veut
plus rien dire
bonjour papa
restons poli

J'ai vu à nouveau mon père
et de son sang il garde tout
sans gêner je le délaisse
pour nettoyer le mien

Bonjour papa
à celui qui ne veut
plus rien dire
bonjour papa
restons poli

par pur réflexe
je m'en vais nettoyer le mien,
vu.

C 87 NOV.90 tous droits réservés les P2j

ADRENALINE LE SURSAUT

Un jour je me suis dit
au comble de l'imbécile
au sommet de l'abruti
jeune encore tu es
réveille toi merde
lève-toi de ce foutu canapé
ratisse cette graisse ce gras double
pourchasse ces odeurs
remonte dans des chaussettes propres
un bon pantalon et un pull
pour l'hiver
un sweat noir la casquette
mets le pompon
débilise ce foutu masque,
chaque matin en proie

Si laid
le réveil me parait impossible

rehausse ton haleine la douche
et verse ton jus à l'extérieur
va dire bonjour à la dame
aux lèvres si rouges
un jour elle a dû s'appeler jocelyne
cours marche cours vers sa porte
vois miroiter le rouge,
le coussin mortel au milieu

Si laid
le réveil me parait impossible

question lourde
après ce long tunnel.

C 84 NOV90 tous droits réservés les P2j

JOCELYNE

Je suis à nouveau déçu
ce n'est pas moi qu'elle attend
j'avais crû bien des choses
sûrement ces lèvres trop rouges

le problème du jour :
voir plus loin que son nez,
le mien du sien
cela ne change pas grand chose

n'ouvre rien
ceci est un piège
reste là
ce n'est pas toi quelle attend
alors....
ne déteint pas sur le sol.


C91 NOV.90 tous droits réservés les P2j

COURSE FOLLE

J'ai vu celui qui tourne
celui qui tourne toujours
dans le parc jusqu'à l'automne
la clope au bec
le paquet paresseux
l'imper tartare
les poches gonflées
les chaussures hors teintes
les cheveux sales

est ce moi est ce un autre
dans cette course absurde,
est-ce moi est-ce un autre
j'ai crû me voir passer

il aborde les femmes
les femmes assises avec un livre
en général en général
qui abondent le soleil revenu
il prend une chaise à coté
et parle,
jamais plus de trente secondes
et hop reprend sa course folle
aux quatre coins du parc

est-ce moi est ce un autre
dans cette course absurde,
est ce moi est ce autre
j'ai crû me voir passer

je me rassoie et
regarde mieux pour le dire

se rallume un clope
la main plus hargneuse
se réajuste l'imper
et son port de tête
l'espèce de journaliste paumé
à grosses lunettes laides en écaille,
cela doit être son frère.

est-ce moi est-ce un autre
dans cette course absurde;
est-ce moi est ce un autre
j'ai crû me voir passer


C 101 DEC90 tous droits réservés les P2j

LA PASSIONNANTE

Cinq années à faire la pute
en définition de mes extrêmes
derrière le périph immuable,
à voir défiler les autos
à travers le gris d'un aller retour
de ces messieurs fatigués.
Parfois un de leurs s'arrrête
il veut des gourmandises
le fiel qui toujours m'accompagne
drôle de métier.

de ma place
je prends du plaisir
(une vocation au départ)
mais pas de quoi chanter
même sous la pluie

Hier j'ai vu venir
un jeune gars de vingt ans
le même pull le même pantalon
maculés de tâches
je le reconnais (ce jeune con)
il m'avait traité de pute
il doit y avoir 5/6ans,
il devait sortir de l'école
pas de mal c'est son métier

de ma place
je prends du plaisir
(une vocation au départ)
mais pas de quoi chanter
même sous le soleil

Aujourd'hui il sort son truc
en joyeux équilibriste
de sa braguette hardie
il demande une main sûre
une main encore vive
le ravage d'une bouche
pour son lever d'étendard

dans sa toile saine
il GONFLE bien .

C 93 NOV90 tous droits réservés les P2j

l'AUTRE Grand malade

J'ai trouvé l'Autre
cet étranger continuel
au regard mystérieux,
agenouillé à terre
son zob plongé dans
un remède liquide
il me dit :
non !
je ne suis pas l'obsédé
que tu penses,
je ne suis qu'un grand malade.

C 94 NOV 90 tous droits réservés les P2j

l'ENTREE

Je suis venu pour
me fracasser le visage
la tête le crâne
les os la bête
sur un mur
ce mur d'en face
ce putain de mur que tu regardes
d'ailleurs si loin
Pourquoi ne parles-tu pas ?
trop fragile

C 95 NOV.90 tous droits réservés les P2j

LA SEANCE (merci à....)

c'était avant que la nuit ne tombe
où seuls les regards se croisent
dans l'embrasure de la porte
rue micheline
éclairée d'une faible lumière

je lui ai dit bonjour
combien prenez-vous ?
la main pas osé la lui prendre

Dr Dr
de la rue micheline

elle a refermé la porte
et s'est mise en position
m'a demandé de prendre place
de m'allonger séance tenante
le Silence d'un coup. MOI
Elle moi elle,
j'étais si tendu
(de l'air de l'air)

Dr Dr
de la rue micheline

mes désirs pris en main
ceci en moins d'une heure
je me rappelle chaque instant
les escaliers les sombres couloirs
quelques cris quelques rires
à travers la cloison

Dr Dr
de la rue micheline

et la chambre (vide)
au papier maculé de tâches
toujours ce silence (de l'air de l'air)
ma montre et sa pendule
J'étais si bien
je reviendrai,
sa main au revoir

C 104 DEC90 tous droits réservés les P2j

REVE DEBOUT TAILLE

Mare de sang
beaucoup de sang,
nage à l'intérieur
pour sauter sur le sol
et s'entendre rigoler

vient la pourriture
dans le bain froid
des cafards des rats
l'odeur habituelle
des endroits fermés

volent au dessus
plus loin que le ciel
dévêtu de sa lune
des oiseaux des vautours
aux dents énormes
de carnivores,
ils attendent attendent (quoi ?)

dégouline de partout
dans un cadre sombre
entre le rouge et le noir
en perte d'image
ma sueur longue

de mes bras tombent
des tuyaux de nerfs
double voir triple
et là sur les côtes
une croix énorme
se promène

et toujours cette
princesse écarlate
sur un cheval
avec des ailes dans le dos
sur fond blanc
transparent,
elle chante presque pour moi

si un jour je remonte
de la vase
de cette mare
vers le merveilleux.

C99 NOV 90 tous droits réservés les P2j

PAPRIKA

J'ai encore raté cette fille
qui ne parle à personne
qui ne regarde pas
vers ses jambes
(trop grand le ciel)

toujours à la même place
un banc près de l'entrée
à côté d'une chaise
en face du pendule

j'entends venir des voix de celle,
Prapika

le pendule
qui s'en distingue à chaque minute
et m'annonce un sale temps
l'indécence d'une couleur

Elle regarde à gauche à droite
puis se lève
contourne la fontaine
glisse des sourires aux enfants

pour moi rien que dalle
même pas d'au revoir
puisque pas de bonjour
tout ce mois dans ce genre
avec quelques variantes

j'entends des voix de celle,
Paprika

Je dois être trop loin
pour encore rater cette fille
si belle dans ses habits de velours
un jour sans facture
la tête basse sous la
semelle
sale temps
demain demain


C98 NOV90 tous droits réservés les P2j

LES PAGES

J'aime le voir plongé
dans son magazine
allongé par terre
la clope au bec
la respiration délicate
les cheveux en amour du visage
les doigts en éventail
d'une main légère

et lui dire bonjour

J'aime le voir jouer
de ses trous à ses chaussettes
la générosité de son jean
son sourire de sphinx
à la vue d'une image glacée
il saute les jours
comme des choses inutiles

et lui dire bonjour

J'aime le voir plongé
dans un livre
allongé par terre
avec une autre clope
toujours absent
attentif à lui-même
pris dans son visage
qui donne peut être,

lui dire bonjour simplement

il saute les jours
comme des choses nuisibles,
pour se faire encore plus mal .


C 97 NOV90 tous droits réservés les P2j

JEU

Sorti de l'aurore
sur la pointe des ongles
d'un quai mal bati
salé d'ombres discrètes
un être cintré d'abimes
se redéchire dans un trou
le bohème sans dormir
appuyé sur une nouille
dans une étoffe ottomane
en cagoule la porte
à la bouche close soutient
un marteau ringard
terrassé d'un clou neuf
au coin d'une rue sans nombril
un parapluie se démène
écorché d'un dérapage craignos

sorti de l'aurore
RIEN.

C 64 NOV84 tous droits réservés les P2j

LA DEFAITE

J'emporte quelques souvenirs
mes petits secrets
mes fleurs lascives
mes caresses profondes
sur le sol bien froid
les clichés d'amateurs
accrochés sur le mur du côté fuyant
pas de bouche peu de lèvres
juste quelques doigts dans le vent
et moi posé sur le lit
c'est à peu près tout ce qui me reste
humide et vieux
d'être langé à la même heure
dans le même jus
au même poids toujours plus lourd
------------------------------------
je n'arrive pas à dire .

C 72 JUIN90 tous droits réservés les P2j

JOCELYNE 2

J'avais un faible pour ses lèvres
ce coussin à feu doux
battement au coeur ludique
rouge instinct
qui appele Jocelyne
le jalon au milieu du visage
l'éclat mortel bien mis
Voilà du rouge ! Jocelyne
Je veux les convertir
en partie
assouvir l'adrénaline
ai-je eu raison de les lui voler ?
Jocelyne

voilà du rouge
à ses lèvres.

C92 NOV90 tous droits réservés les P2j

LA FALAISE

La nuit dégoulinante
sur le front dépareillé
d'étranges lumières
à cette heure où la lune lasse d'attendre
la profondeur de l'éventail de sel
une ombre furtive

quelques pas sous vide Lannion
se propulse dans la source de velours
blafarde
un sommeil comparable
au doux lever de jambes

et je referme la porte
tout doucement
perdu
moins une bise

mais lannion s'endort
et me délaisse
sur une feuille marquée
de quelques coups de griffes
la lèvre mouillée
d'une touche de gaëlle
partie s'évanouir
dans ses heures

et je referme la porte
tout doucement
perdu
moins une bise

Lannion s'engouffre dans les coussins
à l'ombre de breiz.

C 61 SEPTEMBRE84 tous droits réservés les P2j

DEHORS TOUJOURS

Ile parcourt le chaud bitume
sur des minutes rapides
le surgelé d'une montre
des tonnes de pierres strictes
jusqu'au cou trop court ,
l'écharpe de sperme
Ingurgite des radeaux
bombés de coins tenaces
une minotte à talons aiguilles
à l'heure des camions -bennes
au Dehors il se pose
toujours au seuil d'un parcours
d'un autre rêve
mais STRICT DECOR
Ile se tient en douce folle
près des filles maladives
une artère poubelle
les angles grands ouverts
l'orgie spontanée
la rétine assoiffée de couleurs
sur le vieux clou humide
le visage brulant au front coriace
la sueur d'époque
au dehors il se pose
toujours au seuil d'un parcours
d'une autre rive
car STRICT DECOR .


C56 MAI84 tous droits réservés les P2j

EXPLOSIFS DU PUZZLE

Les yeux en boules
sur le talus neuf
parcemé de cailloux déchainés
la canicule de la cage
enceinte des shuss coûteux
bourrés de fossiles amers
vomis sur la table de papier
bordée de rires séniles

ca bouge
de partout ca bouge...
vesr l'oubli

neige sale en retard
en écho de traces d'une
femme gonflante armée
des seins d'un rêve
à fermes pressions
acoustique en cascade
sous des fleurs de matraque

ca bouge
de partout ca bouge ...
vers l'oubli

les yeux plaintifs
sur le talu neuf
(vers l'oubli)
la tête la première
vers l'oubli
quand même ....


C 62 NOV84 tous droits réservés les P2j

ANTIPODE

Sous les néons disparus
je coule je m'écroule
contre un mur
parcemé de flèches en pleurs
directes pour la brèche
en écumant des flammes
parmi des flammes
parmi les stores à dentelles

plus un seul instant
pour se retrouver
pour se voir ,
j'ai perdu
mon endroit sûr,
là en moi quelque part

la nuit de défile
le jour m'enfouit
maigre suite dans les soupapes de
la peau à découvert
cafouillage qui s'accroche
aux continents sans ailes

plus un seul instant
pour se retrouver
pour se voir,
j'ai perdu
mon endroit sûr,
là en moi quelque part


J'aurai voulu savoir
à droite plusieurs ciels
au centième étage d'appel.


C63 NOV.84 tous droits réservés les P2j

ROUAGES

Ce goût de foutoir insolent
étage vide aux trous de gruyère
comme de vagues mitrailles
le comble d'un fastidieux liban
sur une petite verdure locale

Détours en rouge détours

tirant vers la boue
de mes rêves en tenailles
j'englobe le pourpre de tes reins
aussi abaisse le ciel
en saisir quelques touches
puis le défoncer foncer

Détours en rouge détours

Détours en rouge détours
au chevet de mon sang dégueulasse
j'imagine l'arène
les cornes du boeuf dans le dos.

C 60 AOUT 84 tous droits réservés les P2j

FRIANDISES DE FAUVES

La douze cylindre sans blessure
carbure au sang de rêves échoués
( les fauves attendent)
dans le coffre un sac de souillures
et quelques bonbons
sur le siège une veste impec
les poches pleines de brume épaisse
le léger flou

les fauves attendent
attendent
et s'impatientent

Du haut de la colline
l'instant d'une pyramide : petit
veux-tu gagner quatre sous
(les fauves s'impatientent)
un poing de violence dont
on ne relève pas la tête.

les fauves attendent
attendent
et s'impatientent


C54 AVRIL84 tous droits réservés les P2j

LIGNES DE SERIE

Une merde opulente
le jour banal d'inconfort
ses lignes hachées au
sommaire linéaire
l'emballage à touches assomantes
sur un présentoir glandeur

as-tu vu as-tu lu
mes quelques lignes
mes lignes fragiles
au bord du doute ?

rayon 2 guichet one
traces d'écriture
petit désastre au plus bas
de l'étage
et le parterre de
l'étendue qui rigole

as-tu vu as-tu lu
mes quelques lignes
mes lignes fragiles
au bord du doute ?

lignes et quelques
qui foutent en silence
impeccable.

C 53 MARS84 tous droits réservés les p2j

ETAGERE

Dans la touffe des folies carrées
des balles en révolte sifflent
autour d'un arbre
egoutté dans le funèbre
attablé sur le trottoir lisse

Dans une poignée de grilles
une pierre calibrée jusqu'au cou
un suicidé de compèt
bave au goulot sans nuance
l'iris troué d'obus

à chaque instant de la ville,
étagère

Au nez des crachats
il faut que ça pende !

Parmi les ombres de la cave des villes
une minotte à talon aiguille
un père inutile sur moquette épaisse
un quignon de pain dans une soupe balèze

à chaque instant de la ville
étagère


C 51 FEV.84 tous les droits réservés les P2j

ET LA BOUCHE SE TAISAIT

Balisier crû à même
la peau cadenacée
tu es parmi eux
assis en fond plat
adossé aux murs tranquilles
vague coin de poussières
hors tes semblables abattus
sur la plage en bataille,
Tu grisonnes de laisses

Et l'ancienne bouche se taisait (x2)
enculé de vertige

Au fond de la cave
de ta langue
germe encore le mot
jamais plus clair d'aisance
le râle pimenté se meurt
à la crête des flots
de hyènes craintifs

Et l'ancienne bouche se taisait
enculé de vertige

nom dilué
aux yeux d'autres yeux
qui trainent au fond
des plus tards couchés
Quel visage oses tu
image lisse,
enculé de vertige.

C 48 DEC83 tous droits réservés les P2j

BON SIGNE

Mature rien qu'effluve banale
aurore souillon glas intense
cette peur de l'ombre
Epais dégouli vert savate
18creux au ventre
sous les nues obliques

dernière fête,
bon signe
dernière fête avant
que le ville me ramène

calme aux mèches de l'herbee puérile
étranger à l'eau trouble
grave j'irai
pliée de rires la poitrinee
d'effroi et de solitude
dynamite drôle,
bon signe

dernière fête,
bon signe
dernière fête avant
que la ville me ramène.

C 47 DEC83 tous droits réservés les P2j

VIOLON LIQUIDE

Au collier de mes veines
j'y fixerai ma vie
en dernière chance
mon voile de corps
mes antiques passions

et je te l'offrirai
à ton cou découvert
émeraude de mes passions
lys de mon corps
laurier de ma vie
ligne de mes veines

courant d'air neuf
à ma portée,
ta présence tue ma fuite

une chance en vue
pour un nouveau départ
dans des traces larges
largs

courant d'air neuf
à ma portée,
ta présence tue ma fuite .

C 46 NOV83 tous droits réservés les P2j

FOLKLORE

Ah que les fantômes s'ennuient
c est la nuit
c'est le jour
aucune clé ne vient
leur dire bonjour !

Ah que les fantômes s'ennuient (x4)


C18 AOUT83 tous droits réservés les P2j

JOURS COMPTES

sur la table il y a un verre
assez fragile
rempli d'un n'importe quoi
on ne sait pas d'où
bien vissé à sa chaise
en rotative d'une pendule
et d'une lampe basse,
il est là

les coups pleuvent
pourtant il l'aime ce verre
c'est tout ce qui lui reste,
mais parfois des
histoires remontent
souvent pas très belles
du genre à un seul coup

il veut en finir
de ces années maigres,
qu'elles se brisent
au bord d'une route
avec un mot gentil
glissé au fond d'un tiroir

hier encore il avait un chien (max)
il a préféré partir et
voir venir de loin
comme d'hab' il n'a prévenu personne,
de toutes façons
il sait quand revenir

lui est toujours là
à ruminer contre son verre
qui a mis sa plus belle robe,
des curieux attardés le regardent
le visage assorti d'un simulacre
de tristesse aux bords coupants
en lutte contre la poussière
et les odeurs fortes

il renverse son verre
lui gueule dessus
la voix méchante dans les graves
(bouh) la honte des enfants
puis après le caresse
de bave crémeuse,
que de l'anormal pour
du quotidien
même pour une crise
en plein hiver

en sortant de nulle part
il s'est fumé une cigarette
il restait beaucoup à faire
avant d'être à la maison,
ca lui permet de dire des choses
et de les réviser

il a le coeur las
au bout du fil
son gros cul hélas
s'écrase sur une chaise
pleine de tâches
de blessures
mais il n'y a plus personne
pour le lui reprocher
aujourd'hui il fait dans le trouble
Tout est part envolé
même la lumière

sur sa poitrine refroidie
il a glissé un pull épais
l'ambiance est mauvaise
très vite l'épuisement frappe
avec une rare intelligence,
tous les éléments se retourrnent
contre lui
très dur à dire sans gants
des cris intenses se glissent
entre ses dents et ses oreilles,
toujours vers le pire

qui est ce frappeur de porte
et cette énorme gorge
aux sons de boeuf
il n'a plus le coeur
pour les entendre
le train mensuel s'éloigne
sur le rail direct pour la
sibérie,
jamais de vacances

il se bouge un au réveil
essaie de mettre un peu d'ordre
mais....
ne faîtes pas attention à la pièce
je la nettoierai un jour,
parfois il y a des évènements
qui nous dépassent
même sur peu de place

parlez doucement
et faisons dans le court
la fatigue attaque
je ne vous invite pas
à vous assoir
il me reste si peu de temps
et si peu de place

de sa table il se lève
et va fermer la porte multiple
de quoi éviter les fuites
cela fait beaucoup
en un seul jour
avant le départ,
même en si bonne compagnie.

C 11 AVRIL83 tous droits réservés les P2j

TETE NUE

Chapeau je te piétine

croix bordées d'étoffe
de la crête si fragile
avec violence hors de moi
tas de marbre en ruine
fondue contre les vagues
d'une tête pleine de souffle
souffle il est vrai trompeur
avec violence hors de moi

je m'évade hors de moi
en forçant
sur le cadre rigide

tête nue
en prise directe avec le vent
le plus pur
pour une conversation abondante
au ryhtme de mes mains

je m'évade hors de moi
en forçant
sur le cadre rigide

départ d'un ancien petit chauve
pour une destination inconnue,
retour probable avec
des notes de moi-même.

C45 NOV.83 tous droits réservés les P2j

TEMPS ROYAL

La table jonglait de
bouteilles à haut degré d'un
rouge pas très clair
mes pas roulent sur
un quai froid
ligné de onze heurts
dans mon petit crâne
le ciel est quelque part
perdu dans les secondes
qui m'évitent
patiemment

La boucle
d'une insomnie
et cette forte
envie de pleurer

j'attends au fond d'un lit
et relis mes confitures
de rêves,
(courage courage)

nuit nulle sans visage
sous la lune et le soleil
il meurt des ombres
le peuplier d'argent
ne parlera jamais

La boucle
d'une insomnie
et cette forte
envie de pleurer

au coeur de ce sang
sans aucun sommeil
sans lèvre
les bras levés
commence l'attente .

C 44 C NOV.83 tous droits réservés les P2j

SOPHIE HELPS

A la dérive s'amoncellent
un amas de chiottes épais
une tignasse au chlore sec
sous la queue d'un chien
balcon à l'odeur défunte (fragile fragile)
le goût amer du mouillé
au creux de la vague
d'un lit du trottoir

Un secret demeure
SOPHIE HELPS

Appel de feuilles
dans la brume faiblarde
des oiseaux de six heures
éreintés sur une branche
à demain
un maigre rictus à la gueule

Un secret demeure
SOPHIE HELPS

De longues heures posent
un remord sur le sol
trop frileux.

C 43 NOV83 tous droits réservés les P2j

ANEANTIR

Ma race est belle
accueillante et joyeuse
ca se lit au visage,
une si belle âme

malgré les assauts
de la vie et de l'histoire
les montés les chutes
les pentes brutes ses moiteurs

toi tu viens
avec tes belles paroles
tes armes tes attaques
ton tri des valeurs,
nous anéantir

Pas vu depuis des mois
voir depuis des années,
rien de particulier sinon
si ce n'est soigner les jours
ceux forts ceux faibles
juste se maintenir au milieu
et toi tu viens
tel un judas tel un traitre
m'anéantir

Quel soif animal
quel jungle t'habite
pour vouloir ainsi m'anéantir
à travers ma race,
en remplis tu ta panse ton estomac
pour avoir un tel appétit
d'espace et de pouvoir

Deux solutions voila tout :
Moi je résiste
et la guerre est lancée
soit je m'incline
et que je rapetisse puis disparait.

C550 MARS 99 tous droits réservés les P2j

NAUFFRAGE

Elle me sourit sans rien dire
comme dans un film muet
engoncée dans son imperméable
en équilibre sous ses yeux noirs
elle baisse la tête
dans son verre
la relève et me sourit,
sans rien dire
sur le trottoir seule
accompagnée du froid de saison

naufrage
la distance qui nous sépare
naufrage
ce peu de mots pour s'ouvrir
naufrage
cette peur fragile
naufrage naufrage

et je me glisse
sur le trottoir d'en face
pour fuir
la détresse à la bouche
incapable de s'ouvrir
surprise par la peur
comme une longue colle
face à un sourire (osé)
gratuit

j'emporte son pli de bouche
et le situe à ma mesure
au hasard des visages
des tâches mobiles
sans espoir pour mes yeux

naufrage naufrage

ne fait pas de bêtise,
attends moi dans ton imper
au chaud
je prends mon temps pour venir
tant de sommets à régler
tant d'illusions
à découvrir à dénoncer
et j'arrive.

C nov91 tous droits réservés les P2j

REVE DE CORTEGE

Près du lit de la chambre jaune
un cafard vert de bosses
écrasé d'une mort chagrine
Dans sa bouche encore vigile
un doigt de femme
les ongles blousonnés de cuir
un doigt long et fin
présenté avec style
depuis le début de ce mois
Il est là il s'amuse
il rigole
la chemise larguée de lessive
un pantalon très large
d'ombres sur une chaise
des haillons aux épaules bâtissent
l'ambiance tirée vers le gris
les cheveux sales
sales d'enseignes des temps glorieux
au cout très lourd
Dans les murs sur le papier
dents longues rapaces de grand ciel
minces fissures y cohabitent
jusqu'à déborder les tiroirs en cascades

C'est fini
bientôt le départ
les heures s'étendent
entre le rêve et ce cortège

Au fond on y trouve
des lauriers emballés
une grosse hirondelle
pendue à une corde de guitare
sulfureuse
Des vers d'un goût de plâtre
la fréquentent à doses minimes
Plus aucun meuble ne retient le plafond
il s'en va rejoindre le frère au sous-sol
Des requins cloutés rongent rongent
les portes encore lisses
En attendant l'indigeste
les souliers font la lecture
au cireur mal botté
les chiottes fonctionnent
d'un son et un seul

C'est fini
approche le départ
les minutes s'étendent
entre le rêve et ce cortège

Sur son couvercle
cul gentillement posé
se retrouve la bouteille sans étiquette
perdue un jour furtif
dans une ville mobile
Elle traine par-çi par là
A la fenêtre en face dinent les convives,
du boeuf du riz d eau
la veste morose en vain
C'est vraiment la fête,
elle n'arrêtera jamais

C'est fini
arrive le départ
les secondes s'étendent
entre le rêve et ce cortège

Et pourtant le maître claque
Il dit bonsoir les convives
la situation me laisse froid
mais elle s'éclaire d'un seul coup
en modeste équilibre
voici mes écrits ma dernière lettre
le reste suivra
Quel est ce mort qui gratte à ma porte
Je n'y pensais pas
Il y a donc urgence vite
Une cravate une chemise noire
des chaussettes gloutonnes
une monstre en forme un bidet
un hippopotame et vlan
tout se mélange

C'est fini
qui frappe à ma porte
à ce mauvais joueur
je réponds Absent

De suite je lance un appel
à la mort au tarif cortège
voilé de pluie fine
très fine avec des hublots
Qu'elle entame mes habits les meilleurs
qu'elle me suive au troisième ciel
après je ne répondrais de rien
Mais surtout qu'elle me donne
une grande suite quelque chose
Et il tombe de son siège
je ne prendrai qu'un coup de fil
le toit de l'univers
la folie de la mère
du père le dégoût
les cent ans de l'arbre
de terre l'ombre
A mon nom une boîte opaque tombe,
servez-vous !
Cortège je vous suis.

C42 NOV.83 tous droits réservés les P2j

EPREUVE

Il faut que j'écrive
plus infecte que la fange
écartelée par la route
squattée de colères en pente
une prose incisive à sperme
totalement
amarré au jus du monde
sur la plus sonore des falaises
de ma plume en éclats
la tension du métal,
l'accumulation

Il tourne comme un enfant
et s'en va danser avec le diable,
pour quelques lignes

A l'oeil je volerai
des figures des nuances
en amour de mes feuilles
sur la foule de tables,
(il faut que j'écrive)

Il tourne comme un enfant
et s'en va tourner avec le diable,
pour quelques lignes

le plus personnel d'un acquis (x4)

"Les étoiles de la machine forment
la fumée d'une tasse de thé
l'odeur s'envole et soudain surgit
le poème visible son sens caché,
le sens double deviné après avoir
prononcé la formule après avoir passé
de l'écrit à l'oral.

C 37 NOV.83 tous droits réservés les P2j

ONGLES DE FRAYEUR

Vêtu d'âge nu du ciel
enveloppé d'une couleur crise
au volant d'un bon moteur
botté d'horaires faciles

à la rencontre du froid
appareillé de déluges
coulés de sang frais
baignés d'horreurs

à la hache d'assaut
monter vers la montagne
attendre là tout en haut
tout en haut

avec à la main
une lampe
tremblante à sa base
pourtant capable
d'éclairer
ce qui viendra

C41 NOV.83 tous droits réservés les P2j

LA MARQUE

vraiment touché
par ce que vous me dites
au coeur au plus profond
aux chevilles de mon âme
mettons y le corps
mais pas de négligence

jusqu'aux mini pulsations
oui
sans omettre le pénis
celui qui ne demande jamais rien
au bon endroit
que dit la balance
mais pas de négligence

alors maladie d'amour
l'impuissance en grand
la vision américaine
patience patience

vraiment touché (x2)
regardez ces marques,
alors ...ça suffit .

C 39 NOV 83 tous droits réservés les P2j

JEUN A HAUTEUR DU SOL

du visage
le dernier sourire
la cire limite aux yeux
l'amer jour qui dure
la pisse d'hier à la porte
aucun trou ne veut brûler
à chaque pied des menottes
les semelles lourdes
de plombs et encore plus

sur le sol
l'attente difficile
en manque
creuse vers la fuite
ces bruits de tête

Pris dans le siège
pris dans les roues
pris dans la pelle
pris dans la ride
pris dans la merde
pris dans le bourreau
pris dans l'étiquette
pris dans le numéro
pris dans le casse tête
pris dans la corde
la corde gelée
pris dans les portes
les portes étanches
jusqu'au moindre bouton

sur le sol
l'attente difficile
en manque
creuse vers la fuite
ces bruits de tête

jusqu'à demain
pour continuer la tâche

continuer la tâche

C 38 NOV83 tous droits réservés les P2j

DEUX VIES ET UN SEUL VENT POUR TOUT LE MONDE

Se défait un tapis rouge
à mes pieds lourds
sur un talus de banlieue
bien avant de valider
le ticket jaune
vers les profondeurs
rêve de suède rêve

sous la cour toute neuve
galope les ruines de blé
mis en croix
parfois il en remonte
des bruits de fer
en liaison directe avec
les vieux

pourquoi détester cette terre ?

s'essoufflent les poumons d'argile
pour dormir ailleurs
plus loin que les barres
devancées par les tours
vague le terrain vague

dormir ailleurs
sous une ample couverture
pour embellir
une vie souterraine
visible à l'ouest
plus vite que le train
de cinq heures

mine mon espoir mine (x2)
pourquoi détester cette terre

un seul vent pour tout le monde
même si
le goût âcre s'infiltre
dans le sang de ma copine,
si douce au départ

les arbres se courbent
et se recomptent
au soleil délavé
sous les coups barbares
des semelles de plombs
et des sacs utiles

pourquoi détester cette terre ?

C NOV91 tous droits réservés les P2j

DELICIEUSE HONTE

Pour éviter le pire
je suis prêt à écraser
de mes pieds
armés d'épaisses chaussures
les êtres gênants
amassés en une seule
montagne
sans le faire exprès
choix seul
d'une nature sélective

prêt à battre de mes
mains
cette foule de médiocres
qui semble en vouloir
à mon air
déjà bien entamé
de mes semelles
sans honte (aucune)
je leur assène des coups
définitifs
de quoi éloigner les ronces
et nager dans un océan
de plaisir (sans excès)

Sans honte je suis prêt
à tout écraser
C'est avec plaisir
que je le ferais
si la souffrance s'impose

A coups de pièges dignes
ôter un à un
les parasites
qui semblent se loger
sur mes épaules
ils rendent ma vision
peu claire
alors sans remords
les éliminer dans leur rivière
entre mes doigts sensibles
leur écraser la tête
à la bouche gênante
quand on veut éviter
la faim
aux tourmentes inclassables
dans mon corps
et une trop grande distance
de l'assiette
assis à une table calme
pas de manques soutenables
la douleur ne doit pas par paraitre

Sans honte je suis prêt
à tout écraser
C'est avec plaisir
que je le ferais
si la souffrance s'impose

instant délicieux
à répéter plusieurs fois
chaque jour s'il le faut
dans une masse infâme,
prêt à éviter l'incident
à mon visage
qui doit toujours se maintenir
beau et fier
dans son cadre idéal
jamais éloigné de la mère
aimante

Sans honte je suis prêt
à tout écraser
C'est avec plaisir
que je le ferais
si la souffrance s'impose

ne jamais s'éloigner de l'enfance
ni de l'instantané des rêves
en garder des marques infaillibles
jusqu'à la fin
dans un espace royal
cela doit se voir dans les yeux
et s'ils osent m'en empêcher
dans leurs blouses grises
je saurais leur ôter l'envie
et ne plus tenir ma rage

s'ils mettent un barrage
pour m'empêcher de passer
la frontière
là aussi
la bagarre s'entamera
avec l'obsession de gagner
de les abattre
ces inutiles pleins de bave
à force d'être plongé
dans le laid.

C36 NOV.83 tous droits réservés les P2j



C'EST DIMANCHE

Je me levais d'un pied imbécile
un dimanche pour crabe
la face raclée de tout son fond
me lavais de ce linge pénible
et me casquais du jour naissant

le fauteuil pour l'accueil du cul plat
le bon litre à la main
c'est aujourd'hui que je pause
nu d'amis et de fêtes
le silence dans le couloir

c'est dimanche DIMANCHE
il n'y a plus personne
même pas la pluie

ancré dans le fauteuil
en croco bouilli
les pieds à la fenêtre
je peinais à l'écran
la tv sans opinion sans ail,
le filtre californien

j'attendais marie paule
partie avec des sacs des filets
se griller unez longue clope
avec recharge pour la semaine
et du pain du saucisson des pâtes
elle a insisté insisté

cest dimanche DIMANCHE
il n'y a plus personne
même pas la pluie

la tête dans l'évier
avec l'eau sale pour complice
je fatiguais à vrai dire,
sur la table on mangeait,
que tu es belle ce soir

tu es tableau qui détonne
en jour sans
le diner brasse loourd trop lourd
je m'en retourne au lit
mais j'aime tex huitres et tes yeux


C35 NOV83 tous droits réservéns les P2j

CAVERNE

A la porte de fer
où nous mangions du chien
enchainés
revint un souvenir

c'était à l'air délié
à la place de verre
sur un thème de chantier
avec des nuages sur la terre

on se retrouve défait
toujours plus au fond
le visage barbare

un long voile
dans les tons sombres
envahit le tout
et annonça la fin

on se retrouve défait
toujours plus au fond
le visage barbare

à la porte de fer
nous mangions
toujours du chien
secoués par l'air sauvage .


C 34 NOV .83 tous droits réservés les P2j